Le Grand Prix de Miami 2026 n’a pas seulement fait parler de lui pour l’action en piste. Dans les stands, une nouveauté technique a également captivé l’attention : les nouveaux ailerons arrière rotatifs imaginés par Ferrari et Red Bull.
Surnommés les ailerons « Macarena » en raison de leur mouvement particulièrement impressionnant, ces systèmes incarnent sans doute l’une des interprétations les plus audacieuses du règlement technique 2026. Derrière cet aspect spectaculaire se cache surtout une véritable confrontation d’ingénierie entre deux approches radicalement différentes.
Une nouvelle ère réglementaire propice aux innovations
Avec l'arrivée des nouvelles règles techniques 2026, la Formule 1 a décidé de remplacer le traditionnel DRS par le nouveau “Straight Line Mode” (SLM). Ce système est conçu pour réduire la traînée aérodynamique dans les lignes droites.
L'ancien système DRS avait des contraintes très précises concernant l'ouverture du volet arrière. Désormais, la réglementation définit principalement deux choses :
- la position ouverte et fermée de l’aileron,
- ainsi que le temps maximal de transition entre ces deux états, fixé à 0,4 seconde.
En revanche, le règlement ne précise plus exactement comment cette transition doit être réalisée mécaniquement. Et c’est précisément cette zone grise que Ferrari et Red Bull ont exploitée avec créativité.
Les deux équipes ont compris qu’il était possible d’aller beaucoup plus loin qu’un simple aplatissement du volet arrière : au lieu d’ouvrir légèrement l’aileron, elles ont imaginé un système où toute la partie supérieure pivote complètement.
Résultat : un écart beaucoup plus important entre les éléments de l’aileron, donc une réduction de traînée nettement plus efficace.
Ferrari : un système spectaculaire à rotation complète

Ferrari travaillait déjà sur cette innovation depuis les essais hivernaux. L’aileron avait même été aperçu lors de certaines séances d’essais libres avant d’être temporairement retiré pour développement supplémentaire.
À Miami, la Scuderia a finalement utilisé sa version en course.
Le principe est spectaculaire : l’ensemble supérieur de l’aileron ne s’aplatit pas simplement… il effectue quasiment une rotation complète de plus de 180 degrés vers l’arrière.
Cette bascule crée un énorme espace avec le plan principal, permettant de réduire drastiquement la résistance à l’air dans les lignes droites. Selon les estimations, Ferrari gagnerait entre 5 et 10 km/h supplémentaires par rapport à un système SLM classique.
Mais ce système présente aussi une particularité inattendue.
Lors de la fermeture de l’aileron, la face inférieure du volet se retrouve brièvement exposée directement au flux d’air. Cela agit comme une sorte d’aérofrein temporaire avant que l’appui aérodynamique normal soit rétabli.
Techniquement, Ferrari utilise des actionneurs latéraux placés dans les plaques d’extrémité afin de permettre cette articulation complète.
Le résultat visuel est impressionnant, presque irréel à haute vitesse, d’où le surnom de « Macarena » rapidement adopté dans le paddock.
Red Bull : une philosophie totalement différente

Si Red Bull partage la même idée générale que Ferrari, sa manière de l’exécuter est radicalement différente.
L’aileron de Red Bull pivote vers l’avant, dans le même sens que la rotation des roues, contrairement à Ferrari qui bascule vers l’arrière.
Autre différence majeure : Red Bull utilise un unique actionneur central situé entre le plan principal et l’ensemble supérieur. L’élément mobile peut également se soulever davantage grâce à des canaux intégrés dans les plaques d’extrémité, ne restant relié que par de fines biellettes.
Le système fonctionne donc en deux étapes :
1. l’aileron s’élève,
2. puis il pivote.
Même si l’angle de rotation est plus faible (environ 110 à 120 degrés) le mécanisme est plus rapide que celui de Ferrari. Cela permet notamment de rétablir l’appui aérodynamique plus rapidement lors de la fermeture.
Autre avantage : la structure Red Bull semble plus légère et moins complexe mécaniquement grâce à son unique actionneur central.
Mais tout n’est pas parfait. Ce gros mécanisme central pourrait perturber davantage le flux d’air en virage et légèrement réduire l’efficacité aérodynamique lorsque l’aileron est fermé.
Une nouvelle guerre technologique est lancée
Au-delà du spectacle visuel, ces deux concepts montrent surtout à quel point les équipes exploitent déjà les moindres zones d’interprétation du règlement 2026.
Ferrari privilégie une solution spectaculaire, agressive et extrêmement innovante. Red Bull, de son côté, semble avoir misé sur un système plus compact, plus rapide et potentiellement plus efficace sur le long terme.
Les deux concepts ont fonctionné à Miami, et leur efficacité en ligne droite n’est déjà plus un secret dans le paddock.
Conséquence : plusieurs équipes devraient rapidement développer leurs propres versions dans les prochaines semaines.
Comme souvent en Formule 1, une innovation vue une première fois peut rapidement devenir la nouvelle norme du plateau.
Et cette fois, la révolution pourrait bien venir… d’un aileron qui danse.
Schéma : Formula1.com




